Retrouver lundi le vacarme du monde ?

A l’heure où un déconfinement progressif se prépare pour beaucoup d’entre nous, que faire de cette page qui se tourne ? Que retirer de cette expérience singulière ? Une piste pourrait être de se constituer, un petit vademecum parmi les questions qui suivent (ou d’autres qui vous sont propres), un faisceau de réflexions à garder avec soi, pour y puiser à l’avenir, les jours d’incertitude ou de chaos, ou dans les moments de joie. Comme pour garder l’empreinte féconde d’une période inédite.

Des questions pour soi

D’abord, peut-être, se demander simplement :

–         Qu’ai-je appris sur moi pendant cette période ?

Pour certains, ce sera « Que m’a dit cette parenthèse de ma capacité à être seul ? A traverser une forme de vide ? »

Ou pour d’autres, « Que m’a-t-elle appris sur ma capacité à vivre ensemble dans une promiscuité plus intense ? »

–         Qu’ai-je compris de mon besoin de lien aux autres ? De mes limites ?

–         Qu’ai-je entrevu de ma capacité à envoyer des signes de reconnaissance, à signifier à l’autre qu’il existe pour moi, sous des formes nouvelles ?

–         Et moi, comment ai-je accueilli ses marques de présence, même lointaines, dans leur nature, leur quantité ?

–         Dans mes sphères de vie (professionnelle, personnelle, sociale, amicale…), qu’est-ce qui m’a rassasié ? Manqué ?

–         Quels nouveaux liens se sont tissés, à cultiver, faire grandir ?

–         Chez mes collègues, mon équipe à distance, ai-je découvert avec joie des ressources jusque-là invisibles à mes yeux ? En quoi cela peut-il éclairer notre relation professionnelle ? Comment puis-je le leur partager ?

–         En quoi me suis-je étonné ? Est-ce qu’une activité nouvelle, ou un engagement, m’ont fait découvrir un talent insoupçonné, que je souhaite approfondir ?

–         Ai-je co-construit un projet avec d’autres et que cela m’a-t-il appris ?

–         Si j’ai davantage écouté mon corps, mes ressentis, fait évoluer mon hygiène de vie, qu’est-ce que je veux en garder ?

–         Me suis-je senti acteur, ou au contraire impuissant ? Si cela a généré des émotions changeantes, comment les ai-je accueillies ? Ai-je été bienveillant envers-moi-même, ou mon plus grand censeur ?

–         Certaines de mes valeurs ont-elles été fragilisées ? Si oui, que disent-elles de mes priorités aujourd’hui ?

Se projeter dans l’avenir

Et dans un second temps, s’autoriser ces questions, en toute liberté, sans se construire d’injonctions irréalistes :

–         Quel est mon paysage intérieur à ce moment précis ?

–         Qu’est-ce que je redoute dans ce passage au déconfinement, et pourquoi ?

–         Qu’ai-je envie de laisser derrière moi ? De quel poids encombrant ai-je commencé à me délester ?

–         Qu’ai-je, au contraire, hâte de retrouver ?

–         Comment puis-je conserver des plages de silence dans mon quotidien, s’il m’a ressourcé ?

–         Ai-je entrevu dans mon rapport au travail un besoin d’évolution ? Pourrais-je le partager, peut-être, avec mon entourage, ma hiérarchie ?

–         Si je devais ne garder qu’un enseignement de la période, quel serait-il ?

–         Si je devais approfondir/contribuer à transformer en particulier une relation, que puis-je y intégrer de nouveau ?

… Et si je devais écrire cette page de ma vie, dans quelques mois, avec du recul, quel nom donnerais-je à mon récit ?

De temps en temps, relire nos pistes de réponse à ce questionnement peut nous aider à recontacter nos ressources dans les moments de doute, à nous aligner, à réinterroger notre relation au monde et aux autres, et, sans pression, à repenser ce que nous souhaitons faire du chemin qui reste à parcourir… en restant conscients que l’imprévu reste la norme, mais qu’il est, à chaque fois, source d’apprentissage.

Publié le